06/03/2006
Un Baer peut en cacher un autre
Hier soir, je suis allé au théâtre avec ma belle voir LA FOLLE ET VERITABLE VIE DE LUIGI PRIZZOTI conté par Baer et sa formidable troupe.
Première impression à chaud : excellent !!
Deuxième impression à froid : excellent !!
Troisième… Non franchement !! Je vous assure c’est excellent !! Bon ok j’arrête…
Bon je vous préviens d’avance je ne résumerais pas ce spectacle de bout en bout car :
- pas le courage
- pas le courage
- (vive le comique de répétition !!)
Mais je vous vois venir avec vos grands chevaux « Oooooh l’autre !!! Il fait une note sur un spectacle et il ne le raconte même pas !! Fumiste !! Encore un jeune ça !! »…
Et bah non, je vous arrête tout de suite !! Mon problème est principalement lié à la structure du spectacle en lui-même. C’est en fait un ombreglio de scénettes toutes différentes les unes des autres, articulées autour d’un fil conducteur (qui est ici, il faut le reconnaître très fin) : la vie de Luigi Prizotti, sa gloire dans le show-business et sa décadence.
Tout d’abord parlons d’Edouard Baer, puisqu’il est tout de même le protagoniste inavoué du spectacle. Dans la vraie vie Edouard Baer, est un mec sympa, nonchalant au possible, un ahuri absolu mais conscient et la personne la plus cool qui puisse paraître avec un degré d’improvisation proche de l’infini. Dans le spectacle, Edouard Baer est Luigi Prizotti et Luigi Prizotti, Edouard Bear.
Car en effet, la ressemblance est flagrante entre les deux personnages… C’est comme si rien ne les séparait, que ce soit au niveau du look (chemise ouverte, cheveux en pétard…), de l’attitude nonchalante ou encore sur la vie même du trublion. Toutes les interventions de Luigi Prizotti sont d’ailleurs drôlissimes et complètement décalées comme l’est le personnage d’Edouard Baer lui même…
Un sosie alors ? Pas vraiment, car la comparaison s’arrête en réalité là. Ce double virtuel, a tous les penchants noirs non avoués de l’acteur, croquant de toute part et personnifiant presque tous les vices et déviances du show-business… Il échappera d’ailleurs de peu au sort funèbre que lui réserve la mort par une ultime pirouette scénaristique (mais peut-on encore parler de scénario ?) signifiant sa renaissance… en Edouard Baer.

Le reste de la troupe est, il faut le dire, complètement allumée et hétéroclite. Je ne connais pas le pédigré de chacun mais les intervenants sont de tous types (danseurs, chanteurs, comédiens…) et viennent de tous les horizons (cirque, théâtre…). Et c’est cette diversité qui provoque cette alchimie particulière, bon enfant et complètement « tout azimuté ». Ils sont tous relativement très bons dans leur rôle, avec quelques performances se démarquant tout de même du lot comme l’irrésistible oiseau bleu, le poète blanc désabusé mais confiant en l’avenir, la Traviata avec sa voix limpide haut perchée, les faux révoltés à mourir de rire ou encore cerise sur le gâteau le monumental JEAN ROCHEFORT en guest-star. Ce dernier n’étant pas annoncé au générique, je fus très agréablement surpris de voir cet acteur culte pour moi faire un vrai numéro de music-hall chanson + sketche avec ses imitations d’animaux à mourir de rire (surtout l’éléphant et le singe)!! Ca n’a d’ailleurs pas loupé… Tout le monde dans la salle était hilare !! Et tout ça avec une simplicité et une autodérision incroyable… Chapeau.
Au final, j’ai été TRES agréablement surpris (bon au prix des places c’est un moindre mal, hé hé !!). Je ne suis pas particulièrement fan de l’amuseur et de ses pitreries, mais je dois avouer que le concept du spectacle est particulièrement intéressant et on est conquis par la fraîcheur de la troupe et la verve de Baer. Toutefois il est à noter que le spectacle est sans vraie prétention intellectuelle… Donc les culs serrés intellos passez votre chemin !! C’est de l’humour potache, parfois facile mais franchement irrésistible.
DUC.
19:20 Publié dans Spectacle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre
05/03/2006
Trilogie Gainsbourg : Tête de choux va!! (1/3)
On reste sur du Gainsbourg… Et du bon les enfants !! Oui je sais qu’en ce moment je fais une petite fixette sur le bonhomme, mais faut absolument que je vous transmette mes impressions et mes sentiments à l’écoute d’un chef d’œuvre… Car là on va parler du « top du top »… L’inégalé et inégalable « L’homme à la tête de choux ». Autant vous le dire tout de suite cet album en impose !! Il a du corps et l’arôme qui s’en dégage est absolument enivrant…
Mais par quoi commencer… Déjà il est TRES important de signaler que c’est un album-concept que nous livre le père Gainsbourg… Mais quezako album-concept ?? Un album-concept est un terme discologique qui traduit la volonté de la part d’un artiste ou d’un groupe de créer une œuvre filée tout au long d’un disque. En effet, dans les années 60, on a plus tendance à regrouper sous un album une ribambelle de titres sortis en single sans aucun lien entre eux (soit une compilation en somme). Mais les géniales Beatles n’en entendaient pas de cet œil et enfumés par des substances illicites, ils créèrent le premier album-concept qui révolutionnera littéralement la musique moderne, j’ai nommé Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
Après cette leçon historique, que vous méritiez bien bande d’ignares, revenons à nos choux s’il vous plait… Donc « L’homme à la tête de choux » est un album-concept qui suit le non moins célèbre « Histoire de Melody Nelson », que le maître avait conçu en 1971. Il raconte la descente en enfer d’un homme mûr à la tête de choux échotier sur « une feuille de choux à scandale », fou de Marilou une « gueuse shampouineuse » nymphomane (célèbre thématique de la lolita et de l’homme mûr, chère à Gainsbourg). Le ton est donné n’est-ce pas !! Je ne vous ferais pas l’affront de vous raconter l’histoire de l’opus… Il faut l’écouter un point c’est tout (en plus il n’est pas cher sur Amazon) !!
Mais ce qui est très intéressant est la manière dont Gainsbourg raconte son histoire, car là, l est bien question de raconter. Il utilise une technique appelée le « talk-over », soit parler en soulignant la rythmique, qui est en fond sonore. La musique n’est pas la partie essentielle de l’album, mais plutôt le fil conducteur soulignant parfaitement les textes au vitriol du poète. Des textes contenant parfois deux ou trois sens à la fois. C’est tout simplement grandiose. Tout est pensé à la virgule près et Gainsbourg se rapproche là des plus grands poètes, tel Apollinaire. Il utilisera ainsi la prosodie (la même pensée sous différentes formes) dans son énorme « Variation sur Marilou », Gainsbourg dira même à ce sujet « les mêmes pensées sous plusieurs formes, Marilou, ça doit venir d'Apollinaire, sa petite s'appelait Lou ».
Malgré la place fondamentale des textes, à la première écoute on est frappé par la force de la musique de Gainsbourg. Or cette musique est plutôt minimaliste, car très épurée, et un poil moins fort que la voix du maître. Comment fait-il ce lascar pour rendre cette musique si obsédante ??
Un énorme travail est encore effectué sur les lignes de basses percutant littéralement les proses de Gainsbourg, faisant ressortir toute la verve débridée et torturée de l’auteur. C’est impressionnant. Nous ajouterons qu’apparaissent à deux reprises le djidjeridu, instrument millénaire utilisé par les indigènes australien. La tonalité est alors surréaliste, étrange et vibrante. Ce qui donne un relief particulièrement intéressant au deux textes « Premiers symptômes » et « Lunatic asylum ». De même Gainsbourg utilise pour la première fois le reggæ dans « Marilou reggæ ».
Pour conclure, je dirais que cette œuvre de Gainsbourg est ce qui se rapproche le plus de la poésie moderne, avec cette force des mots qui prend aux tripes et cette musique entêtante au possible.
Le meilleur : absolument tout est à prendre dans cet opus. Mais les deux meilleures chansons, selon moi, restent tout de même « L’homme à la tête de choux » avec cette musique apocalyptique que l’on sent destructrice, prélude du drame qui va nous être conté. Puis, bien sûr, l’immense « Variations sur Marilou » à écouter de toute urgence.
Comme d'hab je vous présente le texte d'une chanson, ici « L’homme à la tête de choux » :
Je suis l'homme a tete de chou
Moitie legume et moitie mec
Pour les beaux yeux de marilou
Je suis aller porter au clou ma remington
Et puis mon break
J'etais a fond de cale a bout de nerfs,
J'avais plus un kopek
Du jour ou je me mis avec elle
J'perdis a peu prés tout
Mon job,la feuille de chou a scandale
Qui me donnait le beefsteack
J'etais fini,foutu, echec et mat au yeux de Marilou
Qui me traitait comme un blanc-bec
Et me rendais a moitié coucou
Ah non tu peux pas savoir mec,
Il lui fallait discothéque
et bouffer au Kangourou club
Alors je signait des chéques sans provisions
J'etais fou,fou
A la fin j'y fis le caillou
Comme un melon, une pasteque
mais,moment! je vais pas
tout deballer comme ça aussi sec
Quoi moi, l'aimer encore? des clous
Qui et ou suis-je ?
Chou ici ou dans la blanche ecume
Varech sur la plage de Malibu
Sur ce,
DUC.
17:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
"Pass" passera, la dernière, la dernière!!

Re,
Ouah deux notes rien que pour aujourd'hui!! Pfff quelle productivité!!!
Mais là c est juste une mise au point (non non pas la chanson!! Pas de ce genre de chose sur mon blog!!) sur le cinéma à Paris.
Bon déjà qu'on se le dise c’est cher !! Et oui faut raquer un max pour se taper une toile… Ca peut aller de 6 à 8€ par place… Et vu le nombre de bouzes qui passent chaque semaine… Y a intérêt à ne pas se louper !!
C’est pour cela que moi j’utilise la carte Pass Gaumont MK2 (UGC marche très bien aussi, tout dépend du ciné à côté de chez vous !!) qui coûte chaque mois 19 € mais qui me donne un accès illimité à leurs salles. C’est plutôt pas mal et permet aux cinéphiles en herbe comme moi de profiter du septième art. Les profits arrivent d’ailleurs vite :
- Pour un étudiant : la rentabilité arrive au bout de la cinquième utilisation de la carte (point mort à la quatrième utilisation)
- Pour un adulte : la rentabilité arrive au bout de la troisième utilisation de la carte (point mort à la deuxième utilisation)
- Pour Gaumont Pathé : rentable en dessous de 50 utilisations par an soit environ 5 utilisations par mois
A ce rythme là, aller voir des daubes ou autres films de Vin Diesel est autorisé !! Bande de veinards, vous allez pouvoir aller voir des films de Van Damme sans arrières pensées et sans aucune justification!! Imaginez un dialogue tiré d'une scène courante de la vie de tous les jours :
Jean Guy : "Eh tu vas voir quoi??"
Jean Christophe : "Kickboxer de Van Dammes!!"
JG : "Pffff, quel blaireau!! T'as pas honte de claquer tout ton argent de poche là-dedans!! Tu fais pitié!!"
(Là normalement, vous foutiez un énorme coup de boule suivi d'un bon coup de pied dans les couilles à votre ami moqueur pour lui montrer la bêtise de ces propos et l'intérêt de remuer deux fois sa langue dans sa bouche avant d'insulter le grand Van Damme dans son meilleur rôle!!
Mais avec la carte Pass tout cela est fini!!)
JC : "Qu'est ce que tu racontes, j'ai la carte Pass illimitée!! Avec ça je paie pas une flouze, je me cultive en allant au cinéma et je participe au développement cinématographique français!!"
(Ca en jette hein!! et je vous file ca gratos!!)
JG : "Aaaaah bon!! Pas de problème alors!!"
(vous dira votre ami admirateur devant votre implication dans la problématique de l'exception française)
On dit quoi ??
On dit merci le DUC !!
16:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04/03/2006
15 ans ça se fête!!
Il avait la gueule… Il avait le talent…
Que ce soit aux tout débuts ou vers la nébuleuse fin de l'artiste on ne peut qu’être attiré par le trou noir de son charisme... D’ailleurs il n’y a qu’à voir l’impressionnant tableau de chasse de l’artiste pour lui tirer le chapeau !! Toutes les plus belles femmes de France de l’époque y sont passées… Et ce malgré sa flagrante laideur… Ca devrait en rassurer plus d’un n’est-ce pas!! Les moches ont eux aussi droit de bourrer un peu quand même !! Merde !!
Mais bon trêve de mauvaises plaisanteries (« Oh ! Oh ! Qu’est-ce qu’on se marre !! ») et au-delà de l'admiration non négligeable pour le double personnage Gainsbourg/Gainsbard, il n’en faudrait pas non plus négliger l’énorme œuvre artistique que nous laisse cet auteur-compositeur-interprète… Car c’est cet homme qui a révolutionné une grande partie de la musique en France… Que cela aille de l’initiation du public français au reggæ ou aux prémices du rap, ce Monsieur a touché à toutes les musiques modernes… Et ce, dans un panorama français de l’époque, qui était, je vous le rappelle, bien morne…
Son génie de la rythmique, de la mélodie ou encore sa prose acide et perverse à sens multiples, sont remarquables. Mais ce qui choque surtout chez Gainsbourg à la première écoute de ses chansons est cette rythmique d’enfer. Ouah !! Ca décoiffe à chaque fois !! C’est tout simplement énorme… Alors là on se demande « mais comment fait-il ?? ». La ligne de la basse est toujours extrêmement bien utilisée et d’une façon tellement brillante que très rapidement on s’y prend et on bouge le pied… Faites un test : écoutez les 10-15 premières secondes de chaque chanson et dites moi ce que vous en pensez !! Mais comment ne pas succomber au charme de sa musique ?
Comment passer à côté des chefs d’œuvre tels qu’ « Histoire de Melody Nelson », ou encore « Bonnie and Clide », « You’re under arrest », « Love on the beat » et « Aux armes et ceatéra ». Ces albums sont a conseillé de toute urgence même aux plus récalcitrants d’entre vous (oui pas la peine de se cacher, je sais que vous êtes là)!! En voila un qui n'a pas finit de fasciner...
Tel est le testament posthume de l'homme à la tête de choux...
Tiens un petit cadeau avec une des meilleures chansons de Gainsbourg pour Bardot Initiales B.B (les plus « culturés » d’entre vous auront d’ailleurs remarqué que la musique n’est pas de Gainbourg !! Mais de qui est ce donc ?? Allez j’attends des réponses!! Et pas de Google bande de coquins, ce serait trop facile!! ^ ^):
Une nuit que j'étais
À me morfondre
Dans quelque pub anglais
Du cœur de Londres
Parcourant L'Amour mon-
stre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l'eau de Seltz
Tandis que des médailles
D'impérator
Font briller à sa taille
Le bronze et l'or
Le platine lui grave
D'un cercle froid
La marque des esclaves
À chaque doigt
Jusques en haut des cuisses
Elle est bottée
Et c'est comme un calice
À sa beauté
Elle ne porte rien
D'autre qu'un peu
D'essence de Guerlain
Dans les cheveux
À chaque mouvement
On entendait
Les clochettes d'argent
De ses poignets
Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot :
« Alméria »
15:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Présentation et autres complications...
Salut,
Première note, première boulette!! Bon... Ca commence mal...
J'étais gentiment parti pour vous faire une superbe et resplendissante présentation de ma personne (étant donné que je suis particulièrement narcissique), mais le sort en a voulu autrement... Car oui, j'avais fait avec amour et persévérance un "toppo-brieffing" de présentation sur ce nouveau blog, genre qui je suis, pourquoi un blog, etc... Mais suite à une désastreuse mais néanmoins magnifique mauvaise manipulation de ma part dans la création de la note, tout s'est effacé!!
Autant vous dire que pendant trois-quatre secondes je suis resté complètement bloqué devant mon écran comme médusé par l'immensité de ma connerie... Un filet de bave a alors coulé... J’étais pris de vertiges… Et soudainement, je me suis dit "merde" (première réaction)... Puis de nouveau "merde!!" (deuxième réaction)... Et encore "fait chier" (troisième réaction toujours aussi scatologique)!!
L'information ayant fait trois fois le tour de ma tête à vitesse grand V et ayant pleinement compris le désastre, l’horreur et la dureté de la vie, une envie meurtrière de tout casser (tel le supporteur de foot de base devant une station service) m'est alors stupidement monté au cerveau (organe que le dit supporteur ne possède d'ailleurs pas)... Car pourquoi se défouler bêtement sur son ordinateur, pauvre support servile et automatisé de l’utilisateur, seul vrai responsable du désastre constaté… Surtout quand ce pauvre utilisateur se rend compte qu’une bonne partie de ses économies sont parties en fumées par l’acquisition de ce bout de plastique sophistiqué…
"Pfff... pfff!!", deux respirations et le sang est lentement redescendu de mon cerveau... Tant mieux car j’économise au moins 600€… Mais mince alors !! J’avais quand même passé pas mal de temps à vous pondre une zolie présentation bien structurée et argumentée, afin que vous en sachiez plus sur l’intention de ce blog et sur son hauteur… Et finalement rien… Le néant … Le sentiment d’échec redoublé de cette impression de vide… Et bon ne nous le cachons pas non plus le sentiment absolu de se sentir très con !! Mais bon je préfèrerais plutôt l’occulter celui là…
Enfin bon tu te demandes à quoi bon lutter…
Pour terminer, et étant donné ma flemme légendaire et mon exaspération croissante, j’ai donc décidé de ne rien faire… Voila, c’est dit !! Vous verrez bien ce que contiendra ce blog de toute manière...
Sur ce,
DUC.
01:10 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


